À raison de cent heures de travail par semaine, j'arrive tant bien que mal à faire vivre la petite société dont les actionnaires m'ont sympathiquement confié la charge, sans toutefois depuis deux ans, encore me verser un salaire !
Mon enfoiré de patron (moi-même) m'exploite donc honteusement, trop occupé qu'il est à payer une salariée et une apprentie, et les trop lourdes charges de sa boite...
Je ne vais pas m'étendre une nouvelle fois sur l'injustice de ce pays qui consiste à taxer la création et l'entreprenariat au lieu de taxer les richesses, ce qui met un frein considérable à la croissance.
Tenez par exemple, si je verse 1300 euros nets à une salariée, je dois reverser dans la foulée quelques 800 euros de charges en plus ! Et ces charges servent à quoi ? À nourrir des fonctionnaires essentiellement... Certes, on me servira le couplet que cela sert à payer des fonctionnaires chargés de retrouver de l'emploi à des chomistes, sauf que si je ne payais pas ces charges, et que je versais directement la somme à un sociétaire de l'académie des chom'dû de France, j'en ferais un chomiste de moins ! Et si tous les patrons faisaient de même, on n'aurait plus de chomistes en France, donc plus besoin d'assedic et d'anpe ! Donc, on réduirait indubitablement (et ce n'est pas un gros mot, même si on a parfois le sentiment de se faire mettre..) le nombre des fonctionnaires de l'Etat, et par conséquent l'abyssal déficit de l'Etat (hors robes de Rachida D.)
Mais revenons à nos moutons : Dans un secteur de plus en plus concurrentiel, je m'efforce donc de surnager en multipliant les idées novatrices, les coups marketing, les "bonnes affaires" tendances, essayant de mettre chaque fois avec plus ou moins de bonheur en corrélation l'offre et la demande.
Pourtant, à force de volonté et d'épuisement physique, je sens surtout que c'est ma vie perso que je mets en péril, plus que ma société. Depuis deux ans en effet, je suis à la charge de ma femme, et quelle charge ! Faut dire que ça bouffe un gros ! Et qu'en plus ça s'habille large ! En XXL, tu t'imagines aisement que le prix du mètre carré de tissu t'en fout un coup dans la gueule !
Alors, j'ai pris le parti de dormir dans une autre vie, et d'étudier la possibilité de travailler à coté, histoire de "rentrer" un salaire"... que je n'aurai pas le temps de dépenser de toutes manières ! Mais si ça équilibre les comptes du ménage, parfait !
Mais que faire lorsqu'on est chef d'entreprise ? Difficile de ranger les chariots à la superette du coin sans y perdre en crédibilité, difficile aussi de faire beaucoup d'heures sans mettre en péril son propre business. Difficile de se vendre dans mon business comme consultant sans être dans les sphères influentes parisiennes (celles là-même qui viennent pomper quelques idées chez moi pour les "lancer" ensuite dans la presse nationale.... Grrrr ! ).
En fait, la réponse viendra peut-être lundi.... J'ai un rendez-vous d'affaires qui débouchera peut-être sur un parcours complémentaire inédit...
La suite au prochain épisode !