Mon horoscope du matin avait été clair : Sagittaire : Vous passerez du temps avec une vraie relation. Et merde, trop balèze Elisabeth Fessier, c'est vrai : ce matin, j'suis allé voir mon copain « Paulo ».
Au début, vu le monde qu'il y avait devant chez lui, je me suis dit que c'était sans doute son anniversaire à ce couillon, et du coup, c'est ballot, je me suis senti gêné vu que je n'avais rien apporté d'autre que ma petite sacoche de paperasses et moi-même ... mais ouf, c'est lorsqu'on est entré que j'ai compris que ce n'était pas le cas ! Bin ouais, pour mon Paulo, pas de gâteau ni de bougies en vue, encore moins de confettis et de sifflets pêteurs, juste un comptoir sinistre de chez Nikéa et derrière, une pétasse gavée pire qu'une oie hôtesse d'accueil superbement revêtue de la dernière collection automne-hiver de chez Emmaüs avec, trônant sur ses grosses mamelles maternelles de sûrement au moins quatre chiards, un badge à la gloire de Paulo marqué « Pôle Emploi » ...
Parce que faut dire qu'il s'emploie le Paulo ! À quoi, on ne sait pas bien, mais il s'emploie ...
C'est donc bardé de ma plus belle convocation que je lui ai rendu visite (en même temps, je n'avais pas le choix, sinon il m'aurait rayé de la liste de ses amis, et du coup de son héritage avec !) Et oui, tu l'as compris, Pôle Emploi, je l'appelle « Paulo ». C'est vrai que pourtant, la tentation serait grande de l'appeler « Popole » vu la proportion de têtes de n½uds qui y bossent, mais bon, le respect Monsieur, le respect se perd, et donc moi je l'appelle affectueusement Paulo !
Faut dire aussi qu'on se connait déjà pas mal avec mon Paulo : Depuis trois ans et demi, en tant que gérant de société, cet enculé d'appareil administratif inutile il m'écrit tous les trimestres pour que je lui envoie du blé afin qu'une cohorte de planqué(e)s fonctionnaires puissent s'activer à aider des chômeurs à mieux supporter la vue de ces gens en face d'eux qui ne bossent pas mais qui sont rémunérés à vie sans crainte de perdre leur emploi.
Bon, et tu me diras « Mais qu'est-ce que tu foutais là, toi ? ». Bin, comme les autres en fait, je venais chercher du travail prendre l'oseille et me tirer, puisque j'ai droit à des allocations de chômage (central juste avant l'hiver), après avoir été remercié de mon poste de directeur de communication (mon deuxième job dans mon autre vie).
Et tu sais le comble de l'ironie dans tout ça ? L'Etat prélève tellement de charges dans la société que je dirige que je ne peux me payer, du coup, je suis au chômage et l'argent que je vais toucher, c'est l'Etat qui me le reverse au final ! Avoue quand même que le Paulo, sur ce coup, il est con comme une bite !
Il y a vraiment comme une couille dans le potage, non ?