« Commerçant » : définition : personne ayant une activité commerciale, achetant et vendant, ou préoccupée de pouvoir commercialiser ses productions.
Derrière ce simple mot se cache un certain nombre de préjugés. Et notamment que le commerçant est au service du client, client roi qui peut donc tout se permettre. En ces temps de crise, ce point de détail n'en est plus un, il est même exacerbé. Tandis qu'on peut lire parfois dans la presse locale quelque article expliquant qu'un certain nombre de clients se plaignent du manque de courtoisie des commerçants, à aucun moment on ne traite de ce que peut vivre réellement le commerçant. Car les notions de respect, de savoir-vivre, de politesse, se perdent.
Au quotidien, nombre de rendez-vous dans nos professions de la beauté (coiffure, esthétique) ne sont pas honorés par une clientèle qui juge inutile de prévenir là où elle ne se permettrait pas d'en faire autant s'il s'agissait d'un rendez-vous d'embauche ou d'un rendez-vous chez son médecin traitant. Les professions de la beauté souffrent d'une image de futilité et du manque d'importance que cela peut engendrer. Bien souvent d'ailleurs, les clientes ne mesurent pas les conséquences de leurs actes. Pas grave ! C'est qu'un coiffeur ou qu'une esthéticienne ! C'est normal ! Le client est roi ! Le commerçant est à SA disposition !
Et pourtant... Lorsqu'un client n'honore pas un rendez-vous sans justificatif, c'est déjà en premier lieu visiblement une leçon de savoir-vivre qui lui a sans aucun doute échappé quelque part. Et pour le commerçant, ce sont des frais incompressibles qui restent bel et bien réels pour aucune recette en balance ! Frais de personnel, charges administratives, loyer, électricité... etc. etc. continuent de courir, tandis que le personnel attend à ne rien faire, jetant au passage les produits préparés pour rien en plateau de soins... Sans compter que bien souvent, un rendez-vous non honoré est doublement perdu pour le commerçant, qui a parfois refusé le rendez-vous à quelqu'un d'autre qui souhaitait, lui, réellement venir !
Combien de temps un commerçant peut-il tenir au rythme de ces déconvenues ? Et lorsque ce sont des absences à répétition, le commerçant peut-il garder encore le sourire ? Et que croyez vous qu'il advient lorsque le commerçant refuse de redonner un rendez-vous à la personne qui n'était pas venue une première fois, mais qui se manifeste à nouveau comme une fleur, quinze jours plus tard, pour reprendre rendez-vous, sous prétexte qu'elle a , par exemple, un chèque cadeau qui lui donne le droit à son soin ? Grrr..... C'est le commerçant le coupable ! Coupable ne n'être pas assez commerçant ! Mauvais commerçant ! ! ! ! Et de lui faire du coup sa publicité ! Oui, oui ! Quel horrible personnage ce commerçant, mal aimable qui n'obéit pas au doigt et à l'½il (ou plutôt au nombril) de clients qui font ce qu'ils entendent comme ils le veulent, quand ils le veulent, sans se soucier des engagements qu'ils prennent ! (Rappelons que ce sont les clients qui, dans nos professions, ont convenu d'un rendez-vous, qu'ils n'honorent que trop rarement...)
Petite leçon de calcul : Un chèque cadeau vendu 50 euros par exemple, donnant droit à une heure de soin. La personne ne vient pas, ce sont donc 50 euros de recette perdus ce jour-là. Mais lorsque la personne revient plus tard, ce sont encore 50 euros de bloqués sur la nouvelle heure. Au final, cette cliente a bloqué deux heures pour 50 euros de recette, lorsque vous auriez pu en faire 100 euros et couvrir vos charges. Résultat, c'est le commerçant qui est de sa poche avec l'équivalent de deux heures vendues en équivalence à 25 euros qui ne lui permettent pas de s'en sortir, tandis que la cliente, elle, a assumé son soin sans aucun problème. Dans ce cas, le client est roi, et le commerçant est « commerçant » mais bientôt mort, exsangue financièrement... Et quelle image offerte à la clientèle ? Que ce n'est pas grave, qu'elle peut recommencer, que cela n'a aucune importance....
Dans le cas d'un refus, c'est un bon gestionnaire, mais il perd un client qui lui assure une contre publicité (puisque ce dernier omettra de dire autour de lui qu'il a planté ce commerçant). Un petit jeu du « Qui perd perd » que personne ne dénonce, et qui rend la relation commerciale de plus en plus délicate.
Idem pour les clients retardataires qui EXIGENT leur soin en entier alors qu'ils oublient bien souvent que ce seraient les clients d'après (ceux qui eux sont à l'heure) qui en pâtiraient. Et pour les retardataires mécontents de voir leur prestation écourtée, de réclamer avec force rage le droit de reporter le rendez-vous à une date ultérieure, comme si c'était au commerçant d'assumer les conséquences de leurs actes ! Reporter le rendez-vous d'un client en retard, c'est rentrer dans le même schéma que celui du client qui ne vient pas, c'est bloquer des créneaux non rentables.
Or, les commerces de beauté (salons de coiffures, instituts de beauté, Spas) sont des entreprises comme les autres. Ils mettent en place avec passion et professionnalisme leur savoir-faire et leur savoir-vivre à disposition d'une clientèle, ce afin d'en vivre et de faire face à leurs échéances. En aucun cas, il n'est question de bénévolat, d'½uvre de bienfaisance, ou de self service gratuit. En aucun cas, un commerçant n'est un valet qu'il faut traiter avec mépris...
Respect, savoir-vivre, politesse, sourire. Des notions élémentaires qui font que le commerce doit rester un échange agréable entre vendeur et acheteur. Alors oui, le client est Roi, mais ça ne lui donne pas tous les droits !